Green Buildings in 2026: How Far Has the World Come?
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De l’efficacité énergétique et de la certification à la décarbonation, à la résilience et à la performance mesurable des bâtiments, la définition d’un bâtiment vert est en train d’évoluer.
La World Green Building Week 2026 se déroule du 7 au 11 septembre sous le thème #BuildItReady, mettant l’accent sur des bâtiments conçus pour être résilients, efficaces et capables d’assurer la continuité des activités.
Mais au-delà de cette campagne, 2026 est un moment opportun pour poser une question plus large :
Dans quelle mesure le secteur du bâtiment vert a-t-il réellement progressé ?
La réponse est nuancée. Des progrès importants ont été réalisés en matière de politiques publiques, de certifications, de technologies et de cadres d’investissement. Pourtant, les émissions mondiales restent élevées, le rythme des améliorations demeure insuffisant et les investissements nécessaires sont considérables.
La direction à prendre devient toutefois de plus en plus claire.
1. Le secteur du bâtiment reste l’un des principaux défis climatiques mondiaux
Le dernier rapport de situation mondial du PNUE/GlobalABC sur les bâtiments et la construction, Global Status Report for Buildings and Construction 2025–2026, publié en mai 2026, permet de mesurer l’ampleur du défi.
Les bâtiments et la construction représentent aujourd’hui environ 37 % des émissions mondiales de CO₂ et près de 50 % de l’extraction mondiale de matériaux. Le secteur représente également environ 11 à 13 % du PIB mondial et emploie environ 9 % de la main-d’œuvre mondiale.
Des progrès ont néanmoins été réalisés. L’intensité énergétique mondiale des bâtiments a diminué de 8,5 %, tandis que les certifications de bâtiments durables ont presque triplé au cours de la dernière décennie.
Mais les progrès ne sont pas encore suffisamment rapides.
Selon le PNUE, les émissions opérationnelles des bâtiments ont augmenté de 1 % en 2024, atteignant 9,9 GtCO₂, tandis que le secteur continue de se développer. La surface de plancher mondiale a atteint environ 273 milliards de m² en 2024, soit une augmentation de 1,7 % sur l’année.
L’écart en matière d’investissement est tout aussi important. Le PNUE et GlobalABC estiment que les investissements dans l’efficacité énergétique des bâtiments doivent plus que doubler pour atteindre environ 5 900 milliards de dollars US d’ici 2030, afin de rester alignés sur les objectifs climatiques.
Le message n’est donc pas que les bâtiments verts ont échoué. Il est que les solutions de construction durable progressent, mais que leur déploiement ne se fait pas encore à l’échelle ni à la vitesse nécessaires.
2. Le bâtiment durable va au-delà de l’efficacité énergétique
Pendant de nombreuses années, les discussions sur les bâtiments durables se sont largement concentrées sur la réduction de la consommation énergétique opérationnelle grâce à des équipements plus performants, à l’éclairage, à la climatisation et à l’amélioration de l’enveloppe des bâtiments.
Ces mesures restent fondamentales. Mais le champ d’action s’élargit.
LEED v5, désormais disponible pour le Building Design and Construction, l’Interior Design and Construction ainsi que l’Operations and Maintenance, place la décarbonation au cœur du système de certification. Ses trois principaux domaines d’impact sont la décarbonation, la qualité de vie et la conservation et la restauration des écosystèmes.
Le nouveau référentiel prend en compte le carbone opérationnel, le carbone incorporé, les fluides frigorigènes et les émissions liées aux transports, tout en établissant des liens entre la performance des bâtiments, la résilience, la santé et l’utilisation des ressources.
Pour les constructions neuves, LEED v5 inclut notamment une évaluation carbone obligatoire, ainsi qu’une projection du carbone opérationnel et un plan de décarbonation, en parallèle des exigences relatives à l’efficacité énergétique, au comptage de l’énergie et à l’évaluation du carbone incorporé.
En Asie, les politiques relatives aux bâtiments évoluent également progressivement, passant de la seule efficacité énergétique à la décarbonation, à la résilience et à une approche plus large de la performance des bâtiments.
Dans l’UE, les politiques relatives aux bâtiments évoluent de plus en plus vers la prise en compte du carbone sur l’ensemble du cycle de vie, de la résilience climatique et des bâtiments à zéro émission, parallèlement aux exigences de performance énergétique.
En Amérique latine, les feuilles de route nationales pour les bâtiments durables établissent de plus en plus de liens entre décarbonation, résilience climatique et amélioration de la performance des bâtiments.
En Afrique, les cadres nationaux émergents pour le secteur du bâtiment associent de plus en plus efficacité énergétique et réduction des émissions à la résilience climatique.
La question n’est donc plus simplement : « Ce bâtiment est-il durable ? »
Elle devient : « Quelle quantité de carbone ce bâtiment génère-t-il, d’où provient ce carbone et quel est le plan pour le réduire ? »
3. Les bâtiments existants deviennent centraux dans la transition
Un défi majeur est que les bâtiments de demain ne sont pas uniquement ceux qui restent à concevoir.
Une grande partie du parc immobilier qui existera au cours des prochaines décennies existe déjà aujourd’hui.
Le dernier rapport du PNUE indique qu’environ la moitié des bâtiments qui existeront en 2050 n’ont pas encore été construits ou rénovés. Cela représente à la fois un défi et une opportunité : les constructions neuves doivent être plus performantes, tandis que les bâtiments existants ont besoin de trajectoires crédibles d’amélioration.
Les politiques publiques commencent à refléter cette réalité.
Cependant, les réponses varient selon les régions.
En Europe, la directive révisée sur la performance énergétique des bâtiments établit des plans nationaux de rénovation et des normes minimales de performance énergétique visant les bâtiments non résidentiels les moins performants. La directive vise à déclencher la rénovation de 16 % des bâtiments non résidentiels les moins performants d’ici 2030 et de 26 % d’ici 2033, sous réserve de sa mise en œuvre nationale et des exemptions applicables.
L’Europe associe donc les exigences applicables aux constructions neuves à un vaste programme de rénovation. La première évaluation par l’UE des plans nationaux de rénovation en 2026 montre que les pays visent des réductions importantes de la consommation énergétique des bâtiments d’ici 2050.
D’autres régions abordent différemment le défi des bâtiments existants. En Asie, les approches varient.
Singapour s’est fixé pour objectif de rendre 80 % de ses bâtiments plus durables d’ici 2030, avec le soutien d’exigences obligatoires et d’incitations destinées à améliorer leur efficacité énergétique.
La Taxonomie thaïlandaise Phase 2 de 2025 intègre également le secteur de la construction dans le cadre de la finance durable, avec des critères techniques couvrant les bâtiments neufs et les rénovations, et reconnaissant des standards tels que LEED, EDGE et TREES comme voies permettant de démontrer la performance environnementale.
Le Vietnam a également renforcé son cadre réglementaire, avec l’adoption en juillet 2026 d’un nouveau code national d’efficacité énergétique des bâtiments, QCVN 04-3:2026/BXD, qui remplace le précédent code de 2017 et couvre la performance énergétique depuis la conception du bâtiment jusqu’à son exploitation.
En Afrique, des pays tels que le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud développent des feuilles de route nationales, parallèlement aux efforts visant à développer le financement vert et la rénovation des bâtiments.
Aux États-Unis, les programmes fédéraux soutiennent l’efficacité énergétique et la modernisation des bâtiments, tandis que les politiques et codes énergétiques sont largement déterminés au niveau des États et des collectivités locales.
En Amérique latine, les approches nationales en matière de décarbonation et de rénovation des bâtiments progressent à des rythmes différents selon les marchés.
La direction est claire : la décarbonation du secteur du bâtiment ne peut pas être réalisée uniquement grâce aux constructions neuves.
En Europe, en Thaïlande et sur d’autres marchés d’Asie du Sud-Est, les politiques reconnaissent de plus en plus que le parc immobilier existant doit lui aussi intégrer la transition, grâce à la rénovation, à l’amélioration de la performance et à des approches plus systématiques des émissions à l’échelle des bâtiments.
4. La résilience climatique devient un élément des exigences liées aux bâtiments durables
La décarbonation n’est qu’un aspect du défi. Les bâtiments doivent également pouvoir fonctionner dans un climat en évolution.
La campagne #BuildItReady 2026 du WorldGBC place la résilience aux côtés de l’efficacité et des opportunités, en soulignant la nécessité pour les bâtiments de répondre à la hausse des températures et à l’évolution des conditions météorologiques, tout en assurant la continuité des activités et en soutenant les communautés.
Cette évolution est de plus en plus visible dans différentes régions, même si les approches réglementaires varient.
En Asie-Pacifique, la résilience est de plus en plus prise en compte parallèlement à la décarbonation dans les cadres applicables aux bâtiments.
En Europe, les risques climatiques sont de plus en plus intégrés aux politiques du bâtiment aux côtés des exigences de performance énergétique.
En Amérique du Nord, les villes et les États introduisent de plus en plus de Building Performance Standards, qui fixent des objectifs obligatoires en matière d’énergie ou d’émissions pour les bâtiments existants, notamment avec la Local Law 97 de New York et le BERDO de Boston.
En Amérique latine, la résilience climatique gagne en importance alors que les villes sont de plus en plus exposées aux vagues de chaleur, aux inondations et au stress hydrique.
En Afrique, le National Building Code du Kenya de 2024 comprend désormais des exigences relatives au refroidissement naturel, à la ventilation, à la réduction des gains solaires et à l’efficacité énergétique. L’Afrique du Sud a introduit des certificats de performance énergétique obligatoires pour les grands bâtiments publics et commerciaux, tandis que le Building Energy Efficiency Code du Nigeria fixe des exigences minimales de performance énergétique adaptées aux différentes zones climatiques.
En Asie, les politiques relatives aux bâtiments évoluent de plus en plus de l’efficacité énergétique vers la décarbonation, la résilience et une approche plus large de la performance des bâtiments.
En Thaïlande, la Taxonomie Phase 2 de 2025 a étendu les critères de finance durable au secteur de la construction et inclut explicitement à la fois l’atténuation du changement climatique et l’adaptation, notamment à travers des critères applicables aux bâtiments neufs et aux rénovations.
Au Vietnam, le nouveau code d’efficacité énergétique des bâtiments QCVN 04-3:2026/BXD renforce les exigences de performance énergétique tout au long de la conception et de l’exploitation des bâtiments.
5. Les bâtiments durables sont de plus en plus liés au financement
La performance des bâtiments devient progressivement un élément de la manière dont les bâtiments et leurs rénovations sont évalués pour le financement.
En Thaïlande, la Taxonomie thaïlandaise Phase 2 de 2025 a intégré la construction dans le cadre de la finance durable et reconnaît les standards de construction durable tels que LEED, EDGE et TREES. En 2026, SCB a annoncé 17,575 milliards de bahts de financement vert pour neuf nouveaux projets hôteliers conçus pour obtenir une certification EDGE ou LEED.
En Asie, la Taxonomie de l’ASEAN et les cadres nationaux de finance durable sont de plus en plus connectés aux certifications de bâtiments durables et à la performance des bâtiments. Le WorldGBC et OCBC ont notamment étudié la manière dont les outils de certification des bâtiments durables peuvent s’aligner sur la Taxonomie de l’ASEAN, afin d’aider les investisseurs et les prêteurs à établir un lien entre les performances des bâtiments et la finance durable.
En Amérique latine, le financement des bâtiments durables devient également plus concret. En 2025, l’IFC a engagé 100 millions de dollars US auprès de Santander Chile spécifiquement pour financer des projets de bâtiments durables associés à la certification EDGE, tandis que le Brésil et la Colombie ont développé des marchés d’obligations souveraines durables et vertes susceptibles de contribuer à orienter les capitaux vers des investissements liés au climat.
En Afrique, le lien entre certification et financement se développe grâce à des dispositifs de prêts dédiés. L’IFC s’est associée à de grandes banques sud-africaines pour développer le financement de bâtiments certifiés EDGE, notamment dans le logement abordable, tandis que des programmes similaires de financement de bâtiments durables sont développés ailleurs sur le continent.
Les États-Unis et l’Europe disposent de marchés de finance durable plus matures, mais les mécanismes et les moteurs réglementaires diffèrent.
La tendance commune est que la performance des bâtiments devient progressivement un élément de la manière dont les actifs sont évalués, financés et gérés.
6. La réglementation évolue vers une performance mesurable
Une autre évolution visible à l’échelle internationale est le passage d’ambitions générales en matière de durabilité à des exigences de performance plus précises.
En Angleterre, par exemple, les Future Homes and Buildings Standards ont officiellement progressé à travers les réglementations adoptées en 2026. Le cadre vise à garantir que les logements neufs et les bâtiments non résidentiels disposent de systèmes de chauffage bas carbone et de niveaux élevés d’efficacité énergétique. Les réglementations entreront en vigueur en mars 2027, sous réserve des dispositions transitoires.
Dans l’UE, le cadre révisé sur la performance des bâtiments évolue vers des bâtiments neufs à zéro émission à partir de 2028 pour les bâtiments détenus par des organismes publics et à partir de 2030 pour les autres bâtiments neufs, avec des dispositions et exemptions spécifiques.
Aux États-Unis, les Building Performance Standards émergent comme un outil clé pour les bâtiments existants, avec des villes telles que New York, Boston, Denver et Washington, DC qui introduisent des objectifs obligatoires de performance énergétique ou d’émissions.
En Asie, le référentiel Green Mark de Singapour fixe des exigences minimales de performance environnementale pour les bâtiments, tandis que le Building Energy Code (BEC) de Thaïlande impose des exigences d’efficacité énergétique aux bâtiments neufs et aux extensions majeures, notamment en matière d’enveloppe, d’éclairage, de climatisation et de systèmes d’eau chaude.
La Thaïlande développe également sa première Climate Change Act, qui devrait instaurer un cadre national pour le reporting des émissions, l’adaptation au changement climatique et des mécanismes économiques tels que la tarification du carbone et un fonds climatique.
En Amérique latine, le Brésil a renforcé les mesures relatives à l’efficacité énergétique des bâtiments, notamment avec la mise à jour des normes minimales de performance énergétique applicables aux équipements de climatisation, tandis que des villes comme Bogotá établissent de plus en plus de liens entre les exigences de construction durable et les autorisations de développement.
En Afrique, le National Building Code du Kenya de 2024 a introduit des exigences de performance énergétique couvrant notamment l’enveloppe des bâtiments et la consommation d’énergie, tandis que des pays comme le Nigeria et l’Afrique du Sud ont établi des exigences nationales en matière d’énergie dans les bâtiments.
Ces exemples illustrent une évolution plus large : les bâtiments durables passent progressivement d’une ambition facultative à une performance mesurable et à des trajectoires réglementaires de transition.
7. La prochaine frontière n’est pas simplement celle de bâtiments plus verts. Ce sont des bâtiments plus performants.
Selon le dernier rapport du PNUE/GlobalABC, les certifications de bâtiments durables ont presque triplé dans le monde au cours de la dernière décennie.
Mais la certification à elle seule ne résout pas le défi des émissions du secteur.
La prochaine phase consiste à mesurer, réduire et gérer la performance réelle.
Cela signifie comprendre :
la consommation d’énergie opérationnelle et le carbone associé
le carbone incorporé et les impacts liés aux matériaux
la consommation et la disponibilité de l’eau
les risques physiques liés au climat
la qualité environnementale intérieure
les déchets et la circularité
les opportunités liées aux énergies renouvelables
les données à l’échelle du bâtiment et l’évolution de sa performance dans le temps
Cela signifie également intégrer ces considérations plus tôt dans le cycle de vie de l’actif.
Pour un bâtiment neuf, cela signifie intégrer les enjeux de performance et de carbone dès la planification et la conception.
Pour un bâtiment existant, cela signifie comprendre sa performance actuelle, identifier les interventions les plus efficaces et développer une trajectoire réaliste d’amélioration.
Alors, où en est le mouvement des bâtiments durables en 2026 ?
La situation n’est ni une simple réussite, ni un échec.
Les outils progressent.
Les cadres deviennent plus sophistiqués.
Les liens entre finance et réglementation se renforcent.
Et, dans toutes les régions, l’attention s’étend des constructions neuves aux bâtiments existants, à la résilience et à la performance mesurable.
Mais les données mondiales sur les émissions montrent que la mise en œuvre reste en retard par rapport à ce qui est nécessaire.
C’est peut-être le message le plus important de la World Green Building Week 2026.
La question n’est plus de savoir si les technologies et les méthodologies existent. Elles existent.
Le défi consiste désormais à déterminer si elles peuvent être déployées à grande échelle, mesurées de manière cohérente et intégrées aux décisions quotidiennes sur l’ensemble du parc immobilier.
C’est finalement ce que signifie être #BuildItReady : ne pas simplement concevoir un bâtiment qui affiche de bonnes performances sur le papier, mais préparer les bâtiments et les actifs à fonctionner dans les conditions, les marchés et le climat des années à venir.














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